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| CEREMONIE DU 24 OCTOBRE 2008 |
Vendredi 24 octobre après midi, une cérémonie a eu lieu dans la cour de la mairie pour
dévoiler une plaque sur laquelle les noms de seize juifs étrangers, assignés à résidence à
Aigurande, déportés et assassinés dans les camps nazis ont été gravées.
Monsieur J.L Murawiec, lui aussi assigné à résidence à Aigurande d'août 1943 à la Libération
et dont plusieurs des victimes étaient de sa famille, a cité cette phrase d"Albert Camus pour
expliquer l'organisation de cette cérémonie :
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«Qui répondrait en ce monde de la terrible obstination du crime si ce n'est l'obstination du
témoignage ?»
C'est grâce aux recherches qu'il a menées que neuf des seize familles ont été retrouvées, c'est à
leur initiative et avec le concours du conseil municipal que cette plaque a pu être apposée dans
la cour de la mairie.
«Pour eux qui n'ont eu pour sépulture qu'un panache de fumée dans le ciel de Pologne, la
plaque que nous inaugurons perpétuera le nom» a souligné M. Murawiec avec beaucoup d'émotion.
Ce qui s'est passé :
Assignés à résidence à Aigurande, dix neuf juifs étrangers sont arrêtés dans la nuit du 22 au
23 février 1943 par les gendarmes locaux, sur ordre du préfet. Ils seront emmenés à Douadic
(Indre). Quatre seront libérés. Les quinze autres partiront pour les camps de Nexon (Haute-
Vienne), Gurs (Pyrénées Atlantiques) et Drancy (Seine-St-Denis). Les 4 et 6 mars 1943, ils
seront déportés aux camps de Maidanec et Sobibor (Pologne), où ils seront assassinés dès leur
arrivée.
Déjà, à Aigurande, le 24 août 1942 une famille juive (père, mère et leur enfant de 18 mois),
avait été arrêtée et internée au camp de Douadic. Ils furent libérés grâce à des circonstances
extraordinaires. Mais le père, Yankel Szyfman fut de nouveau arrêté et déporté sans retour.
Après les discours la plaque fut dévoilée par deux descendants des victimes et lue par un
troisième. Sur le chant des Marais, hymne européen de la déportation des voix se mêlèrent à
l'enregistrement.
La cérémonie s'est poursuivie par la projection du film «La Nasse - Douadic - 1942-1945»
réalisé par Philippe Barlet et Jacques Merlaud, tous deux présents.
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| Discours de Monsieur le Maire |
Mme la Sous Préfète,
…………..
………………
……………….
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes rassemblés ici même dans la cour de cette mairie pour rappeler un moment douloureux
de notre histoire nationale, mais aussi locale.
Chacun d’entre nous connaît la rafle du Vel d’Hiv à Paris le 16 juillet 1942, ou comme l’a indiqué
le Président Jacques Chirac en 1995 « la France, ce jour là, accomplissait l’irréparable ». Mais
on savait moins que la même tragédie se répétait sur tout le territoire, y compris en zone dite
libre, y compris à Aigurande, le 24 août 1942 et le 23 février 1943.
Lorsque, en juillet 2007, Monsieur Murawiec est venu me rappeler les faits et me faire part de
ses recherches pour retrouver les familles des victimes, j’ai immédiatement considéré qu’il
était de notre devoir de rappeler ici-même, à Aigurande, le souvenir de ces malheureuses victimes
de la haine et de la barbarie. C’est l’objet de cette plaque que nous dévoilerons dans un
instant.
A l’issue de cette cérémonie, nous pourrons nous rendre à la salle des fêtes où Philippe BARLET
et Jacques MERLAUD présenteront leur film documentaire relatant l’histoire du camp de Douadic,
dans l’Indre où les juifs raflés en août 1942 et février 1943 furent rassemblés avant d’être
déportés vers les camps d’extermination allemands.
Dans quelques instants Monsieur MURAWIEC s’exprimera au nom des familles des victimes.
Monsieur le Sénateur, Président du Conseil Général et Monsieur le Député lui succèderont avant
que Mme la Sous Préfète représentant l’Etat ne conclut ces interventions.
Deux représentants des familles des victimes dévoileront la plaque et un autre procédera à sa
lecture.
Après le dépôt des gerbes, nous nous recueillerons en un instant de silence à la mémoire des
victimes.
S’élèvera ensuite le chant des marais, hymne européen de la déportation, ce chant de détresse
et pourtant de résistance, de dignité et d’espérance, ce chant né de la boue dans laquelle la
barbarie nazie voulait anéantir des hommes.
Notre hymne national, la Marseillaise, chant de toutes les libertés, clôturera cette cérémonie
et cette plaque rappellera désormais à tous que l’on n’a pas le droit d’oublier.
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Dernière révision de la page le
19 Octobre 2010
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